Le journal “L’opinion” vient de publier un article traitant du design. Fait suffisamment rare pour que designmaroc.com s’y intéresse. N’hésitez pas à laisser vos commentaires.

Enseigner le design au Maroc nous confronte déjà aux questionnements sur le sens du design dans notre société marocaine.
Les outils strictement marketing ne suffisent plus et le discours des marques doit continuellement se réinventer et se « culturaliser ». on n’est plus dans un temps où l’économie s’oppose à la culture, la production de masse et la qualité .Il y’a maintenant des passerelles entre ces valeurs. Les grandes oppositions de l’ère industrielle prennent l’eau, car la culture s’immisce partout, pénètre la marchandise… Par exemple, les « produits partage » ou « solidaires » ont acquis une grande légitimité. Les meilleures publicités se veulent créatives, les produits à grande consommation révèlent d’indéniables qualités esthétiques.
Le design apporte non seulement une esthétisation du quotidien mais fait aussi évoluer le goût du consommateur. Il change le regard et par conséquent est à l’origine de nouvelles exigences des consommateurs.
En effet, la société est en mutation, les intérieurs aussi et avec eux le profil de l’architecte d’intérieur ou le designer. On ne peut pas vivre sur des acquis traditionnels dont nous disposons. Les intérieurs doivent s’adapter à ces mutations. Le design doit vivre l’ère de son temps. Le designer est un concepteur de civilisation et doit répondre aux exigences du métier en matière de bien-être, dans l’environnement durable, dans les problèmes de l’économie d’énergie, dans les problèmes de pollution …
Sans séduction des apparences, à quoi ressemblerait notre environnement ? Les aspirations des consommateurs se sont élevées et les gens n’achètent pas uniquement les produits pour leur fonctionnalité mais aussi pour la beauté et l’esthétique qu’ils véhiculent.
Au cours des trois dernières décennies, on est passé d’un confort d’ingénieur à un bien-être qualitatif, sensitif et émotionnel où le design a un rôle majeur. De plus en plus, l’art, les recherches formelles et sensorielles doivent restructurer les produits de grande consommation.
A cet égard, le travail du design et pleinement légitime. Ne perdons pas de vue toutefois que le design n’est pas que la cosmétisation des produits, mais a une ambition beaucoup plus grande : trouver la meilleure solution formelle-technique répondant aux besoins multidimensionnelles de l’homme.

Par Abderrahim JABRANI: Fondateur & Directeur de l’école supérieure de design et des arts visuels