O’flower, dépouille l’art floral de toute mièvrerie
O’flower, conçu par plainoddity à Séoul, est un espace qui ressemble davantage à un laboratoire qu’à une boutique. Les fleurs deviennent des spécimens et les clients, des chercheurs.
La boutique de fleurs traditionnelle mise sur des associations douces : romance, sympathie, célébration… Pétales et tiges ornent des vases sur des piédestaux, agencés pour susciter un achat émotionnel. Pour cette boutique, située dans le quartier de Dongtan New Town à Séoul – un secteur dense en entreprises informatiques et jeunes actifs –, le studio de design plainoddity a proposé une approche délibérément plus froide : et si l’on abordait les fleurs avec la même curiosité clinique que les composés chimiques ?
Des éléments en acier inoxydable – tables de travail, vitrines, rangements – occupent la pièce avec une précision quasi-laboratoire. Les murs et le plafond arborent une nuance particulière de bleu ciel qui suggère une neutralité atmosphérique, ni chaude ni froide. Les fleurs elles-mêmes, isolées dans des vases transparents et rétro-éclairées pour être examinées, deviennent des objets d’étude.
L’agencement est volontairement déroutant. Les vitrines servent également de cloisons, créant un parcours labyrinthique que les clients doivent parcourir pour accéder à l’atelier intérieur. Ici, la métaphore du laboratoire s’intensifie : les visiteurs peuvent composer leurs propres bouquets grâce à un processus participatif, manipulant tiges et feuillages avec une rigueur quasi scientifique. Cours et ateliers transforment les clients occasionnels en chercheurs amateurs.
En concevant la boutique comme un espace d’expérimentation, le design encourage une participation active plutôt qu’une consommation passive.
La palette chromée et bleue répond aussi à des objectifs pratiques. Les fleurs ressortent davantage sur des fonds froids ; les surfaces métalliques se nettoient facilement et résistent à l’humidité propre aux végétaux. Mais la proposition conceptuelle demeure primordiale : la beauté se comprend mieux par la recherche que par l’acquisition, et la relation la plus enrichissante avec les fleurs commence lorsqu’on cesse de les considérer comme de simples objets décoratifs.
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