Supercycle : Le quadricycle électrique autoconstruit qui défie les codes de la mobilité douce
La mobilité électrique légère continue d’évoluer avec des approches qui questionnent notre rapport à la fabrication, à la maintenance et à l’usage des véhicules urbains. Le projet Supercycle, développé par un couple de jeunes créateurs, propose une vision alternative : celle d’un petit quadricycle électrique à assistance humaine autoconstruit, pensé pour la durabilité et l’autonomie énergétique.

Un véhicule intermédiaire né d’une collaboration européenne
Le véhicule Supercycle explore le territoire des véhicules légers intermédiaires, ces « vélis » qui se positionnent entre le vélo cargo et la micro-voiture électrique. Contrairement aux projets comme Karbikes, qui mêlent vélo et automobile dans une approche commerciale, Supercycle mise sur l’autoconstruction et l’open-source, rappelant l’esprit du Vélo-Pélican, ce système de greffe universel développé par des étudiants de l’ENSCI.
Le cadre du véhicule provient de l’entreprise néerlandaise Flevobike, initialement développé pour le cyclologisticien suédois Velove. Les concepteurs ont choisi de retirer la transmission mécanique originale, le moteur et divers accessoires pour laisser place à une génératrice open-source et deux moteurs Grin. Cette approche modulaire plus légère permet une maintenance simplifiée et une durabilité accrue, puisque le véhicule devient quasi-inusable à l’exception des pneumatiques. Plus de changement de chaîne, cassettes, plateaux, plaquettes ou disques de freins. Plus de cambouis.

Composite végétal et batteries reconditionnées : une démarche circulaire
La dimension matérielle du projet mérite une attention particulière. Deux nouveaux sièges et un coffre ont été fabriqués sur mesure en composite fibre de lin et époxy. Ce choix de matériau fait écho aux recherches menées sur les composites végétaux comme la chaise Katra 2.0, qui exploite également la fibre de lin pour ses propriétés mécaniques comparables, voire supérieures, aux fibres de verre. L’utilisation de la fibre de lin, premier producteur mondial étant la France, renforce l’ancrage local du projet. Comme le rappelait le programme ULTRA LIN, cette matière textile aux propriétés insoupçonnées offre des perspectives intéressantes pour le design industriel.
Les quatre suspensions confèrent au véhicule un confort de conduite remarquable. La batterie des deux premiers prototypes constitue un assemblage de quatre batteries reconditionnées fournies par Bib-Batteries, conservant 95% de leur capacité théorique à l’état neuf. Cette approche de réemploi s’inscrit dans une logique d’économie circulaire, similaire aux démarches d’upcycling développées par Maximum pour transformer les déchets industriels en mobilier.

Caractéristiques techniques : performance et sobriété
Avec une masse à vide de 70 kg et une charge utile maximale de 250 kg, Supercycle peut accueillir deux adultes ainsi qu’un coffre de 70 litres. La motorisation repose sur des moteurs moyeu non réductés Grin All Axle V3, pilotés par un contrôleur Grin Baserunner. Le véhicule atteint une vitesse maximale de 43 km/h, avec un couple maximal de 130 Nm et une puissance maximale de 4 kW.
La transmission pédalier entièrement électrique supprime les contraintes mécaniques traditionnelles. Le système de freinage combine trois technologies : freins régénératifs via les moteurs, freins hydrauliques à l’avant et mécaniques à l’arrière. Cette récupération d’énergie au freinage, couplée à une consommation de 23 Wh/km à 25 km/h et 26 Wh/km à 35 km/h, permet d’atteindre une autonomie maximale de 150 km avec une batterie de 3 kWh (48V). Le temps de charge complet s’établit à 8 heures.
Avec des dimensions contenues 250 cm de longueur pour 90 cm de largeur – le véhicule se faufile aisément dans les environnements urbains et périurbains. Deux prototypes ont déjà parcouru plus de 5000 km chacun, démontrant la fiabilité du concept. Deux nouveaux prototypes sont actuellement en cours de production pour la Cité Culturelle à Étampes.
Le Sun Trip 2026 au Maroc : un défi solaire
Les concepteurs prévoient d’utiliser ce véhicule pour concourir au Sun Trip au Maroc en 2026, une course d’aventure solaire qui encourage l’innovation dans les transports à énergie renouvelable. Cette participation constituera un test grandeur nature pour valider les performances et la robustesse du système sur longue distance.

Le projet Supercycle interroge notre rapport à la mobilité douce à travers le prisme de l’autoconstruction, de l’open-source et de la durabilité. Face aux enjeux de transition écologique, cette approche alternative pourrait inspirer d’autres initiatives de mobilité intermédiaire, à mi-chemin entre vélo cargo et micro-voiture électrique, comme les explorations de plateformes modulaires telles que [board] par Entreautre.

Plus d’informations sur le projet :
Découvrir l’article original sur le site de Blog Esprit Design
