Source Journal du Design :

Pour sa deuxième collection, 1989, Écho High-tech, Nouveau Standard continue d’explorer les esthétiques passées pour mieux révéler la sensibilité contemporaine qui les traverse.

Le studio, fondé par Jonathan Fleurance et Simon Brandeau, s’aventure dans un territoire intime : celui des premières images domestiques de leur enfance.

Les intérieurs de leurs parents, encore jeunes adultes à la fin des années 80, les premiers objets techniques qui entraient dans les foyers, les textures et les couleurs visibles dans les photographies légèrement décolorées de leurs albums familiaux forment alors la base de leur imaginaire.

« Les années 80 sont souvent caricaturées. Nous voulions en révéler une délicatesse, un modernisme sensible, presque naïf mais profondément sincère. »

Déclarent Jonathan et Simon



Après les volumes ancrés et rassurants de 1976, Souvenirs Rustiques, cette nouvelle collection se construit à partir de visions fragmentées et de matières évoquant une époque où le futur s’invitait dans le salon. Les silhouettes radicales et les textures satinées retrouvées dans leurs archives personnelles servent de point de départ.

La collection ré-interprète cet héritage avec le langage propre au studio : un design sculptural et précis, traversé d’une douceur inattendue. Le drapé — inspiré du classicisme et des formes textiles théâtrales que l’on retrouvait dans les maisons “habillées” de l’époque, joue un rôle central.

Son aspect presque dramatique, volontairement expressif, contraste avec les structures métalliques en inox brossé ou métal laqué noir, aux découpes nettes et anguleuses. Ce dialogue entre passé et présent, entre sensualité textile et rigueur industrielle, forme la signature visuelle de 1989.




Les pièces — table basse, bureau, fauteuil, chaise, chilienne et piédestals — oscillent entre tension et légèreté. Le métal, travaillé en inox brossé ou en laque noire brillante, assure la structure et la verticalité. Les éléments suspendus, en satin de laine Saphir violacé, apportent du mouvement et une sensualité inattendue.

Ensemble, ils recomposent un vocabulaire formel qui fait écho aux années 80 tout en s’inscrivant dans une écriture résolument contemporaine. Les cônes et les boules, déjà présents dans 1976, forment un langage que le studio développe collection après collection, comme un alphabet sculptural. Ici, ils deviennent plus élancés, plus affirmés, presque architecturaux.

La fabrication est assurée en France, point d’orgue pour le studio pour une logique d’exigence et de proximité : l’atelier Bylab, près d’Angers, réalise la partie métallique avec une précision qui révèle la netteté des lignes ; de nouveau Florence Hamon, à Nantes, signe le travail textile et donne aux drapés leurs volumes subtils.

Avec 1989, Échos High-tech, le studio affirme son ambition : créer du mobilier à forte identité, capable de faire vibrer notre mémoire tout en projetant un design précis, durable et ancré dans un savoir-faire local.




Découvrir l’article original sur le site du Journal du Design