Source Journal du Design :

Briques de verre et acier inoxydable caractérisent cet appartement situé dans un immeuble du quartier de Kreuzberg. Les architectes locaux du Studio Karhard l’ont conçu comme le pied-à-terre berlinois d’un couple américain.

Pour l’aménagement intérieur, Thomas Karsten et Alexandra Erhard, se sont inspirés de leur expérience de 2003 lors de la conception des intérieurs du Berghain, le célèbre club techno de la capitale allemande installé dans une ancienne centrale électrique.

Le duo a repensé l’agencement pour optimiser l’espace et la luminosité des pièces de vie. Un impressionnant mur incurvé en briques de verre structure l’espace de vie central et filtre la lumière entre l’entrée et le salon.

Les briques de verre créent des effets intéressants et une impression de semi-transparence. Un canapé bas rouge carmin est installé le long du mur, sur un piètement en acier inoxydable faisant également office de table d’appoint à chaque extrémité. Des tables basses en verre vert pétrole translucide reposent sur un tapis rond en velours.

Le sol en terrazzo a été choisi pour son élégance intemporelle et son aspect raffiné, qui harmonise l’ensemble.




Dans tout l’appartement, le choix des matériaux s’apparente à un collage, avec une attention particulière portée au toucher et à l’atmosphère. La cuisine ouverte sur la salle à manger se caractérise par un mur en briques de verre, qui laisse place à des placards en acier inoxydable du sol au plafond, agrémentés d’alcôves en laiton brut.

L’acier inoxydable souligne l’aspect rigoureux et fonctionnel des bâtiments industriels. Suspendu au plafond, un lustre futuriste de Sabine Marcelis diffuse une douce lumière tamisée qui fait subtilement écho aux reflets dorés des niches en laiton.

Le mur en briques de verre du salon fait également office de mur de la salle de bains, qui abrite une baignoire noire brillante rehaussée de lumières jaunes intégrées.

D’autres espaces ont été délibérément conçus pour privilégier l’obscurité, évoquant l’ambiance feutrée des boîtes de nuit. Les toilettes, entièrement métalliques, présentent un plafond partiellement ajouré, éclairé uniquement par de fins rubans lumineux au-dessus d’un lavabo de style brutaliste.







Dans la chambre, les murs noir mat et le linge de lit anthracite créent un cocon immersif. La même palette de couleurs a été choisie pour un petit bureau où les occupants rangent leurs valises argentées entre deux voyages.

À l’inverse, la salle de bains attenante se distingue par son ouverture et sa luminosité. Les meubles et les surfaces vert menthe instaurent une clarté sereine, presque clinique, tandis que la lumière naturelle, filtrée par le mur en briques de verre, adoucit les contours de la pièce. En son centre, un lavabo monolithique sculpté dans un marbre vert aux veines riches côtoie une baignoire noire brillante, adossée à un mur de miroirs. Leurs formes sculpturales confèrent à l’ensemble une présence à la fois futuriste et profondément élémentaire.

L’appartement se révèle être un subtil jeu de contrastes. Lumière et obscurité, douceur et dureté, futurisme et nostalgie s’harmonisent délibérément, permettant à des atmosphères radicalement différentes de coexister sans heurt.

Le résultat est un exercice de minimalisme somptueux, savamment calibré, qui déjoue les attentes en fusionnant avec art des éléments techno-futuristes et la sobriété sensuelle des intérieurs milanais des années 1960.








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