Faux-semblants : appel à candidatures GlassArt2026
Transparent, il laisse passer la lumière, teinté, il la transforme, soufflé, il conserve dans ses parois la trace de l’artiste qui l’a mis en forme, la chaleur du four porté à plus de 1 000 degrés. C’est précisément cette force que GlassArt2026 a choisi de placer au cœur de son édition, sous le titre « Faux-semblants« .

L’association Hotshop France, que nous connaissons bien ici (on avait testé de nos propres poumons l’atelier de Brussieu lors d’une session de soufflage mémorable), s’associe à Stéphanie Vallé pour organiser cette exposition biennale. L’événement aura lieu à Lyon, en plein centre-ville, entre octobre et décembre 2026, dans le cadre du Parcours Résonance de la Biennale d’Art Contemporain. Un écrin parfait, pour une matière qui mérite qu’on la prenne le temps de l’admirer et de comprendre son processus de fabrication.

Une biennale qui grandit
Lancée en 2018 par Vincent Breed, verrier installé dans le quartier historique de Lyon depuis 1999, GlassArt se produit tous les deux ans en miroir de la Biennale d’Art Contemporain.
Pour 2026, la thématique suit celle de la Biennale, commissariée par Catherine Nichols : l’art comme outil de compréhension du monde, nourri par les dialogues entre art, science et société.
Appliqué au verre, cela donne « Faux-semblants » : une invitation à travailler l’opacité et la transparence, la tension entre ce que la matière montre et ce qu’elle cache. Entre une paroi fine qui semble fragile et une résistance mécanique réelle, entre une forme lisse et un processus de fabrication à la limite du contrôlable, le verre est un menteur de génie.
Le matériau, au cœur du propos
Le verre soufflé est une matière à part. Sa composition de base, du sable de silice fondu avec des oxydes (soude, chaux, selon les formulations), lui confère une viscosité particulière en fusion, quelque part entre le caramel et le plastique avant de se figer. C’est cette fenêtre de malléabilité, souvent de quelques minutes à peine, que l’artiste verrier doit maîtriser. La forme finale porte toujours une part d’imprévu : une bulle, une strie de couleur, une légère asymétrie. C’est cette imperfection calculée qui fait tout l’intérêt du médium pour les créateurs contemporains.
On avait vu Benjamin Fournier explorer cette question du contrôle avec son projet Concrete Blown Glass, en utilisant des parpaings comme moules pour obtenir des textures aléatoires sur des contenants en verre soufflé. La texture du béton, imprimée dans la matière encore chaude, donnait des pièces uniques, capables d’accrocher et de décomposer la lumière. Un dialogue de matières qui illustre bien l’étendue des possibles dès qu’on sort des usages habituels.
Plus récemment, Wilfried Becret travaille le verre sous un angle encore différent, en valorisant les fines de verre issues du recyclage industriel pour en faire des objets à la fois techniques et sensibles, comme la lampe Cive ou les pièces du projet Terre de Verre. À basse température, la fine de verre se céramise. À plus haute température, elle vitrifie. Le résultat oscille entre deux états, deux identités matérielles. Des faux-semblants, déjà.

À qui s’adresse cet appel ?
GlassArt2026 cible les artistes, designers et artisans d’art qui travaillent le verre, ou majoritairement le verre, dans une démarche contemporaine. Sont acceptés les professionnels, les étudiants, et les entreprises de moins de 10 ans. L’oeuvre présentée doit avoir été réalisée entre janvier 2025 et mars 2026, et être en lien avec le thème « Faux-semblants ».
Les candidatures sont ouvertes depuis le 1er mars 2026 et doivent être déposées avant le 15 avril 2026 à l’adresse contact@hotshopfrance.com. Un jury composé de professionnels des métiers d’art sélectionnera les artistes retenus, avec annonce des résultats le 20 avril 2026.
Toutes les informations sur le projet, l’historique de GlassArt et le dossier de candidature sont disponibles sur hotshopfrance.com.
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