Source Journal du Design :

À Bruxelles, dans l’écrin feutré de la galerie Objects With Narratives, le designer autrichien Laurids Gallée orchestre une exposition qui se lit comme un message crypté.

Intitulée Lima Charlie, expression issue de l’alphabet radio militaire signifiant « loud and clear » , la proposition pose d’emblée son intention : penser le design comme un système de transmission, où chaque objet devient signal, et chaque regard, réception.

Présentée à partir du 11 mars 2026, cette exposition personnelle s’inscrit dans la ligne éditoriale de la galerie bruxelloise, qui revendique un design narratif, à mi-chemin entre art et fonction, où chaque pièce agit comme un fragment d’histoire matérialisé.

Chez Laurids Gallée, la matière n’est jamais neutre. Résine translucide, aluminium, lumière LED : autant d’éléments qui semblent capter, filtrer ou diffuser une énergie invisible.

L’exposition Lima Charlie joue précisément de cette ambiguïté entre objet et interface. Le designer y développe une grammaire formelle faite de volumes stratifiés, de surfaces vibrantes et de couleurs saturées, comme autant de fréquences visuelles.





L’exposition s’articule autour de cinq lampes sculpturales colorées, disposées dans la galerie White Cube, au sein du vaste espace d’exposition. Les compositions sont des formes géométriques assez simples, librement inspirées par les infrastructures, les antennes et les paraboles.

Pour créer ces luminaires roses, violets et orange, Gallée a travaillé la résine, un matériau qu’il a déjà utilisé pour concevoir des projets antérieurs. Le designer a d’abord utilisé des procédés numériques pour définir chaque composition. Il a ensuite coulé des blocs de résine avant de les colorer, de les découper et de les sculpter pour leur donner forme. Chaque pièce a été méticuleusement poncée et polie pour obtenir la surface lisse désirée.

Plus qu’une exposition, Lima Charlie se présente comme une expérience sensorielle et cognitive. Le visiteur y devient opérateur, décodeur, témoin d’un flux d’informations matérialisées.



Chez Laurids Gallée, le design ne se limite plus à l’usage : il devient langage, système, voire fiction. Ce positionnement s’inscrit dans une nouvelle génération de designers, dont Gallée est l’une des figures montantes, récemment distinguée sur la scène internationale, qui redéfinissent les frontières entre art, design et narration.

Parallèlement aux luminaires, Gallée présente une série de sculptures en aluminium sur des socles ornés de protubérances discoïdes inspirées des antennes paraboliques.

Dans un paysage du design contemporain en quête de sens, cette exposition agit comme un signal clair, « loud and clear » : celui d’un design qui ne se contente plus de séduire, mais qui cherche à transmettre.





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