Milan Design Week et Salone del Mobile 2026 : carnet de bord entre Brera, Rho Fiera et fierté française
On y est. La Milan Design Week 2026 bat son plein du 21 au 26 avril, avec le Salone del Mobile côté Rho Fiera et toute la ville transformée pour sept jours en festival à ciel ouvert. Après notre décryptage de la 64e édition en mars dernier, place au retour de terrain. Pas sur tout, parce que tout voir à Milan relève du défi olympique même pour les plus motivés, mais sur ce qui compte. (Sur d’autres missions en parallèle ne me permettant pas une pleine liberté de mouvement)
Une édition solaire, et ça tombe bien
Cette année, la capitale lombarde nous accueille sous le soleil. Après plusieurs mois agités un peu partout, se retrouver dans une ville entièrement dédiée au design, aux rencontres professionnelles et aux conversations qui traînent tard sur une terrasse, au bar basso, cela fait du bien. Le genre de parenthèse qu’on garde en tête quand on rentre au bureau le lundi suivant.

Le Design Défilé : le mobilier français au Brera Design District
Premier arrêt, vous vous en doutez, Le Design Défilé au 11 Via Statuto. On vous en parlait dès février, le projet collectif porté par l’Ameublement français et Le French Design est désormais visible en vrai, au coeur du Brera Design District.
La scénographie de Jakob+MacFarlane tient ses promesses. Un podium en bois, entièrement recyclable, traverse les espaces intérieurs et extérieurs et met en scène 53 créations françaises. Treize maisons exposantes (Alki, Ligne Roset, Fermob, Gautier, Lafuma Mobilier, Maison Sarah Lavoine, Objekto, Duvivier Canapés, entre autres) accompagnées d’une sélection de 15 pièces supplémentaires signées Constance Guisset, Andrée Putman, Elliott Barnes, OUD Architecture ou Studio Fritsch+Durisotti. Le bois domine, en structure comme en mobilier, avec des incursions côté métal, textile et matériaux régénérés. La logique du défilé tient debout, scène idéal pour la grande soirée de vernissage avec les plus belles signatures du design français.

Du côté du Salone, la machine continue de muter
Au Rho Fiera, la 64e édition déploie ses 169 000 m² et ses 1 900 exposants venus de 32 pays. Les temps forts de l’édition : le lancement du Salone Raritas au Pavillon 9, scénographié par Formafantasma comme une lanterne architecturale, le retour d’EuroCucina en version biennale avec ses matières calibrées (bois FSC, céramiques techniques, verres laminés recyclés) et le SaloneSatellite, toujours fidèle au poste avec ses 700 jeunes designers et sa thématique Maestria artigiana + Innovazione. L’artisanat comme langue, pas comme nostalgie. On approuve.

Et quel plaisir, aussi, de recroiser des confrères dans les allées, de s’arrêter pour un café et d’enchainer deux heures à parler de la nouvelle chaise d’un tel plutôt que de scroller sur LinkedIn.

Alcova, Isola : on ne verra pas tout
Soyons honnêtes. Alcova dans sa nouvelle implantation, Isola Design District, tortona, tous ces lieux que l’on adore, ne seront pas au menu cette fois. Le temps manque, le programme est dense, et la journée compte toujours 24 heures. On compte sur nos confrères pour tenir les lecteurs informés, et sur la prochaine édition pour y revenir avec un meilleur découpage de calendrier. Promis.
5vie ?
Force aux équipes françaises à Milan
Une pensée pour toutes les marques françaises, designers, collectifs et éditeurs qui font le déplacement cette année. Polimair présente son tabouret Baiji en polypropylène recyclé chez Masterly, Maentler studio dévoile Argi, tabouret en noyer inspiré du Pays Basque, Issey Miyake signe Paper Log avec Ensamble Studio, et la liste pourrait continuer longtemps. Venir à Milan n’est jamais anodin côté budget, énergie, logistique. Chaque projet présenté représente des mois de travail en atelier et beaucoup d’espoir dans la valise. Rien que pour cela, on leur tire le chapeau.
Pizza, pasta : le combo gagnant
On finira par le nerf de la guerre. Milan en design week, c’est aussi des pizzas partagées, des spritz à des heures repoussées, des plats de pâtes partagés sans jamais (ou presque) se tromper d’adresse. C’est le plaisir de recroiser des têtes connues, parfois juste le temps d’un café, des designers jeunes, moins jeunes, des amis, toujours talentueux, un signe de main dans une cour du Brera. La passion circule, les conversations aussi. Et quand on reprend le train, on a toujours trois ou quatre noms à retenir, deux ou trois projets à aller voir de plus près, et une envie immédiate d’y retourner l’année prochaine.
Vous avez jusqu’à dimanche, pour en profiter !
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