Source Journal du Design :

Dans la boutique Issey Miyake de Milan, Reality Lab – le studio de design de la marque – et Ensamble Studio présentent The Paper Log : Shell and Core, une collection de meubles sculptés dans les rouleaux de papier compressé issus de la machine à plisser de la maison.

Le directeur artistique Satoshi Kondo a conçu la collection autour d’un élément discret issu des déchets de son atelier : les rouleaux de papier cylindriques qui se forment à l’intérieur des machines à plisser, où des feuilles de papier enserrent des textiles prédécoupés et prennent leurs plis sous l’effet de la chaleur et de la pression.

Habituellement recyclés ou jetés, ces rouleaux portent les silhouettes des vêtements qu’ils ont contribué à façonner, imprimées sur leurs couches sous forme d’empreintes pâles de manches, de coutures et de teinture.

L’idée de Kondo lui est venue lors d’une visite chez le fabricant de la marque. Les rondins ont été traités comme du bois : sculptés, sciés, écorcés, déroulés. Le papier étant absorbant, chaque morceau a ensuite été imprégné de cire ou collé pour conserver sa forme.

Deux tabourets cylindriques, pièces maîtresses de la collection, ont été coupés transversalement à la main, leurs extrémités révélant un tourbillon marbré crème, lavande et rose tendre évoquant les cernes de croissance d’un arbre. Ils ont été présentés pour la première fois comme sièges lors du défilé printemps-été 2025 d’Issey Miyake à Paris.


Le reste de la collection se lit comme une étude sur le comportement d’un même sous-produit sous l’effet de différents outils. Un fauteuil massif, dont les feuilles plissées empilées sont cernées par une structure métallique blanche, révèle des rondins tranchés à plat et maintenus sous tension.

Une table sur pied central supporte un plateau cylindrique reposant sur une colonne enveloppée de papier froissé teinté de bleu céruléen. Un banc demeure un rondin évidé, posé sur deux blocs évoquant la pierre, sa face inférieure émaillée de doux verts. Une haute colonne est sculptée pour dévoiler un intérieur bleu et ocre, évoquant davantage une fresque d’un meuble.

Les feuilles de papier plissées, d’une finesse extrême, confèrent aux prototypes de meubles une texture singulière, évoquant le bois et la pierre. Du fait de la compression aléatoire des feuilles en rouleau de papier, chaque prototype est une pièce unique et organique.

L’outillage utilisé était volontairement éclectique : ciseaux à bois, haches japonaises traditionnelles, couteaux de précision robustes, scies sauteuses, meuleuses électriques et découpeuse au jet d’eau. Des traces de ruban adhésif jaune subsistent sur certaines surfaces, comme une sorte de dessin accidentel, la trace de la ligne de plissage désormais fossilisée dans la matière.



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