Roof House à Tochigi, au Japon
Le cabinet Tamada + Wakimoto Architects a conçu cette maison autour d’une unique toiture mince qui s’étend sur plusieurs volumes distincts, transformant ainsi l’espace entre les bâtiments en une succession de jardins semi-extérieurs, à la frontière entre intérieur et extérieur.
Le site se situe à l’extrémité nord de la plaine de Kantō, où usines et rizières se côtoient à l’horizon. Une grande ferme s’y dressait depuis des années, et le fourré de feuillus qui la bordait portait la superficie totale à quelque 2 000 mètres carrés.
Le jeune propriétaire, citadin de son état, souhaitait vivre sur l’ensemble de ce terrain verdoyant, y installer une petite entreprise et pouvoir réaménager la maison lorsqu’il déménagerait. La solution des architectes : diviser le bâtiment en plusieurs volumes, les agencer de manière à créer de petits jardins entre eux et couvrir le tout d’un toit fin.
Sous ce toit, les espaces se parent de caractères différents. Un passage étroit. Un toit-terrasse. Une pièce intime baignée de lumière grâce à une large verrière. Le jardin central donne sur la zone boisée ; une cuisine d’été invite aux repas sous les cerisiers en fleurs, et les enfants peuvent y jouer en toute liberté.
Le jardin exposé au sud, à l’entrée, fait office de seuil accueillant : tables et chaises invitent à la conversation, à l’abri des jours de pluie. Un jardin clos au nord offre une cour privée. Chaque interstice est calibré en fonction de son orientation, de son usage et de son rapport aux saisons.
Cette conception de l’espace domestique s’inscrit dans une tradition de l’architecture résidentielle japonaise qui conçoit la frontière entre intérieur et extérieur comme une zone à occuper plutôt qu’un seuil à franchir. Le photographe Kenta Hasegawa saisit cette spécificité atmosphérique, notamment dans la qualité de la lumière diffuse qui filtre à travers le débord de toit et éclaire les jardins en contrebas, et dans ces instants où la pluie s’invite dans la composition sans la perturber.
Roof House nous rappelle que l’architecture domestique la plus aboutie fonctionne souvent par soustraction plutôt que par addition, en choisissant ce qu’il ne faut pas enfermer plutôt que ce qu’il faut construire. Le toit élancé est le seul geste ; tout ce qui se trouve en dessous est la vie qu’il rend possible.
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