Source Blog Esprit Design :

Benjamin Decle, designer lillois passé par l’ébénisterie avant de rejoindre le design objet/social à l’École Supérieure d’Art et de Design de Valenciennes, revient avec une nouvelle pièce.

Son nom : BIBI.

Sa nature : un miroir mural en acier cintré. Sa particularité : avoir été dessiné pour une matière que le designer connaissait peu, le métal, dans le cadre d’un appel à projets lancé par CFT Industrie, spécialiste du cintrage et de la soudure.

Benjamin Decle troque l'impression 3D pour l'acier : retour sur le miroir BIBI

Pour celles et ceux qui suivent son travail, le virage est notable. On l’avait découvert en 2018 avec Al Dente, son projet de fin d’études autour de la perte d’autonomie. On l’avait retrouvé en 2024 avec le miroir Echo, imprimé en 3D et exposé à la galerie Basia Embiricos, puis avec le lampadaire Sweep à la Paris Design Week, et plus récemment avec les horloges TIC & TAC en PETG recyclé. Avec BIBI, le designer change de registre. Il le dit lui même : il avait besoin de retrouver le poids, la trace, la résistance d’une matière. L’ébéniste n’a jamais vraiment quitté l’atelier, il avait juste fait un détour par la machine.

Benjamin Decle troque l'impression 3D pour l'acier : retour sur le miroir BIBI

Deux tubes, une plaque, un miroir

Le principe du projet tient en une phrase, deux tubes en acier de 40 mm de diamètre sont cintrés en anneaux, puis superposés pour venir prendre le miroir en sandwich. Pas de cadre épais, pas de visserie apparente sur la face avant, pas de colle. Le maintien repose sur un système de quatre vis et quatre écrous à sertir, et une barre soudée intégrée assure la fixation murale. Le miroir, de 4 mm d’épaisseur, est doublé d’une plaque d’acier de 2 mm qui rigidifie l’ensemble.

Ce qui rend la pièce intéressante, c’est ce que la forme révèle de la matière. Le tube cintré, on connaît : c’est l’ADN de Thonet, c’est aussi ce qu’avait exploré Thomas Feichtner avec son projet Steel Tube Bending. Ici, Benjamin Decle ne cherche pas à éprouver la limite technique. Il cherche plutôt à laisser le savoir faire industriel raconter sa propre histoire. La courbure du tube se prolonge dans le reflet du miroir, et l’œil suit la ligne sans bien savoir où elle s’arrête. Petite mise en abyme, beaucoup de simplicité.

Le métal comme retour aux sources, presque

L’ironie, le designer la souligne lui même. Il a longtemps été identifié à l’impression 3D, après une collaboration remarquée avec la boutique du Centre Pompidou. Le métal, lui, restait à distance. C’est l’appel à projets CFT Industrie qui change la donne. Et la rencontre fonctionne. Le métal n’est pas traité comme un matériau froid à habiller, mais comme une présence à écouter. On pense par moments au travail de Louis Marraud des Grottes, qui interrogeait déjà la possibilité d’un métal sensible et chaleureux, ou aux miroirs gonflés en acier inoxydable TAFLA d’Oskar Zieta, dans une logique formelle assez différente mais avec une même envie de jouer du reflet.

Un objet qui tient sans en faire trop

BIBI affiche un diamètre extérieur de 360 mm, un diamètre intérieur de 280 mm et une profondeur de 80 mm. Format d’entrée, de salle de bain, de galerie, de chambre. Le miroir sera vendu en précommande, en auto édition, via le studio Benjamin Decle, comme c’est le cas de la plupart de ses pièces depuis 2020.

Benjamin Decle troque l'impression 3D pour l'acier : retour sur le miroir BIBI

 

Le nom, BIBI, fait sourire. Le designer assume le côté décalé, et tant mieux : un miroir qui s’appelle BIBI, c’est déjà une invitation à ne pas se prendre trop au sérieux devant son reflet du matin.

En savoir plus sur le designer : Benjamin Decle

©studio.b.helle

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