Caressing Zone, transformer l’espace public en un lieu de douceur partagée
Avec cette installation, luzinterruptus, souhaite transformer temporairement l’espace public en un lieu de contact et de douceur.
« Caressing Zone » est composée de centaines de bras et de mains translucides suspendus au-dessus du public, se mouvant lentement au gré du vent et effleurant les passants. Le collectif anonyme qui investit l’espace public depuis plus de quinze ans a pour volonté d’introduire dans la ville un geste habituellement réservé à l’intimité : la caresse.
L’installation revisite des idées déjà explorées dans d’autres œuvres, notamment le travail sur les corps fragmentés, les matières textiles, la lumière et l’occupation sensible de l’espace urbain.
À l’opposé des architectures empreintes de dureté, de vitesse ou de contrôle, luzinterruptus introduit des éléments souples et instables, liés au contact physique.
Les bras sont confectionnés dans des tissus translucides semblables à des bas blancs. Ce matériau a été choisi pour sa fragilité, sa légèreté et sa capacité à réagir constamment à l’air et à la lumière. L’objectif n’est pas de créer des formes anatomiques parfaites, mais plutôt des présences textiles douces et changeantes, activées par le vent et les mouvements des visiteurs.
La lumière froide, placée dans la partie supérieure de chaque bras, traverse le tissu, révélant coutures, plis et petites déformations dues aux mouvements et à l’usage.
Le collectif s’intéresse également aux matériaux historiquement associés aux univers féminin, domestique ou invisible. Ici, les bas sont utilisés comme éléments à la fois structurels et lumineux, faisant passer la sphère privée à une structure monumentale et collective au sein de la ville.
L’installation modifie indéniablement le comportement du public. Les gens ralentissent, lèvent les yeux et se déplacent différemment dans l’espace, acceptant le frôlement continu des tissus en mouvement. Le vent ne déplace jamais les bras exactement de la même manière, si bien que l’œuvre réagit constamment à l’environnement et aux corps qui la traversent.
L’objectif n’est pas le spectacle technologique, mais la création d’une présence discrète, presque corporelle. Le tissu reste ouvert grâce à la structure supérieure, tandis que le reste du bras est suspendu librement et se meut au gré du vent.
La nuit, Caressing Zone, donne l’impression d’un grand organisme suspendu flottant au-dessus de la ville. De loin, les bras apparaissent comme une masse lumineuse se mouvant lentement ; de l’intérieur, l’expérience devient beaucoup plus physique et tactile.
À une époque comme celle-ci, emplir l’espace public de gestes de tendresse et de caresses prend presque des allures d’acte subversif.
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