SONO, résidence secondaire entre amis au Québec
Cette résidence secondaire articule de manière organique une composition unifiée, orientée vers la lumière du Nord, cadrant des paysages trouvés dans un vaste panorama qui s’ouvre sur le lieu.
Trois longs murs de béton, de hauteurs variées, à l’échelle du paysage, forment l’approche au bâtiment : ils se conjuguent à la pérennité du lieu, désormais architecturé, et s’ancrent dans le temps. Une fente entre ceux-ci laisse entrevoir l’entrée au bâtiment. Une fois les murs franchis, les espaces articulent des lieux de vie selon un agencement et une structure matérielle souple, composée de bois d’œuvre, annonçant ainsi leur capacité d’adaptation dans une temporalité plus lointaine.
Les clients, un couple d’amis souhaitant partager une même résidence secondaire, avaient exprimé une intention implicite : partager un lieu sans pour autant être contraints à une vie commune sur tous les plans. L’articulation des volumes architecturaux crée ainsi un méandre d’espaces qui révèle peu à peu l’ensemble, assurant à la fois une certaine intimité du regard et une fragmentation de l’espace sonore. Signe des temps, l’espace de la cuisine s’ouvre entièrement sur le paysage : un lieu rassembleur, à la fois pour le couple, pour leurs invités et, de manière plutôt métaphorique, avec l’environnement naturel qui l’entoure.
Le rapport conceptuel du projet ne s’établit donc pas sur des références architecturales stylistiques ou identitaires de la région. Il tisse avant tout des liens entre le rapport perceptuel du corps, in situ, dans le paysage et dans le réel, et l’espace qui cadre des expériences selon les variations du temps, plutôt que d’ordonner les usages de manière prescriptive.
Ici il est fait référence à la volonté de promouvoir une pratique qui privilégie les qualités phénoménologiques de l’espace, plutôt que d’être déterminée par un assemblage savant de composantes programmatiques. Les espaces se déclinent en plateaux suivant la pente naturelle du site. Les points de vue variés que l’on découvre dans chaque pièce, ainsi que la qualité changeante de la lumière indirecte, constituent les caractéristiques haptiques qui, à l’instar du grand mur abstrait se jouxtant au paysage dès l’arrivée, sont le fruit de la recherche sensible que l’agence préconise.
Il en résulte un langage architectural qui se conjugue à l’hétérogénéité du réel, plutôt qu’à la construction d’une identité rigide, issue de préceptes souvent exclusifs.
La résidence SONO a été réalisée grâce à une relation soigneusement orchestrée entre les constructeurs et les principaux corps de métier impliqués dans le projet. La confiance de tous les collaborateurs a été déterminante dans le succès de cette démarche.
Les nouveaux défis de notre époque, pour une pratique architecturale d’une pratique significative, ne peuvent plus s’accommoder d’une approche linéaire où l’architecte est le seul initiateur des décisions. C’est également grâce à la patience et à l’enthousiasme constants des clients que cette vision a pu se concrétiser dans un climat de confiance mutuelle.
La conception de la structure apparente, menée en collaboration avec un charpentier local responsable de la production et de l’installation du bois, a permis l’approvisionnement d’une quantité importante de pruche sur un site adjacent au projet.
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