Source Journal du Design :

Sur une parcelle enserrée entre des murs mitoyens, l’agence V Taller a décloisonné une maison existante pour métamorphoser Casa Azaleas en une superposition de vides interconnectés traversés par la végétation.

La maison qui se dressait ici n’offrait guère plus qu’une surface au sol. Érigée entre deux murs mitoyens dans le sud de Guadalajara, elle était morcelée en pièces étroites, longs couloirs et zones sombres où la lumière du jour ne pénétrait jamais. L’agence V Taller a envisagé la structure existante non comme une erreur à démolir, mais comme un cadre aux limites exploitables, traitant ses axes et ses lignes structurelles comme autant de contraintes constitutives du projet.

La méthode employée est celle de la soustraction. Des dalles sont retirées ou percées, des cloisons disparaissent et l’accumulation de pièces laisse place à une succession de vides interconnectés. Deux volumes se font désormais face de part et d’autre d’une passerelle centrale. Des doubles hauteurs s’ouvrent à l’entrée et près des espaces de vie, introduisant des pauses, de longues perspectives en diagonale et des changements d’échelle soudains dans un plan autrefois régi par le cloisonnement.

La passerelle ne se contente pas de relier ; elle crée une rupture. Suffisamment large pour s’y arrêter, elle fait office d’espace de travail informel et de belvédère intérieur, un point d’observation d’où la maison se perçoit comme un champ de lumière mouvante jouant sur les murs, les poutres et le feuillage. La circulation cesse d’être un simple lieu de passage neutre : escaliers, paliers et seuils offrent désormais la possibilité de s’asseoir.








La lumière pénètre indirectement. Une trame de nervures parcourt la toiture, intégrant des puits de lumière en périphérie ; ainsi, la clarté entre par les bords, rebondit sur les sous-faces et marque le passage des heures plutôt que les variations météorologiques. Même par temps couvert, le volume intérieur s’emplit de lumière. Les nouveaux vides permettent à celle-ci de se diffuser entre les niveaux, reliant des pièces qui, auparavant, n’entretenaient aucun lien entre elles.

La végétation obéit à la même logique. Des seuils végétalisés jalonnent le parcours de la rue à la porte d’entrée, préservent l’intimité des pièces vis-à-vis du voisinage et se prolongent vers les étages supérieurs, permettant ainsi aux jardins de desservir plusieurs niveaux simultanément. Alocasias, monsteras et scheffleras se déploient contre les parois en béton de terre damée et le dallage en pierre à joints ouverts. Ces plantations ne constituent pas une simple finition ; elles représentent la part de la maison encore en devenir, un processus qui continuera d’évoluer.

La palette de matériaux a été choisie pour sa manière de vieillir au contact des éléments : enduit coloré, pierre volcanique, chêne, béton de terre damée pigmenté et acier laissé apparent, précisément là où il assure la reprise de charge de la structure réorganisée. Les murs massifs s’interrompent avant d’atteindre la toiture, de sorte que la masse et la lumière ne se touchent jamais tout à fait. La pluie marque les surfaces, des nuances de teintes apparaissent, sans qu’aucune correction ne soit apportée. Ce que la maison conserve de son état antérieur n’est pas un détail préservé, mais une tension lisible entre ce qui est resté, ce qui a disparu et ce qui a été ajouté.








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