Retour sur le Banquet au Mètre, ou comment réunir huit créatifs autour d’un dîner inspirant
Quelques mètres de table, huit convives, une soirée. C’est avec ce postulat presque mathématique que la première édition du Banquet au Mètre a vu le jour, dans l’atelier de Xavier Forêt, complice et ami de longue date. L’idée tient en peu de mots : réunir des personnes qui font, qui dessinent, qui pensent, autour d’un repas de saison, sans business plan, sans attente précise, sans deck de présentation. Juste une table en bois, quelques bouteilles, un menu mijoté et préparés quatre mains et la promesse de ne pas regarder l’heure.

Une table mesurée, des invités triés sur le volet
Pour cette première, 6 convives qui ne se connaissaient pas, ou très peu, plus nous deux. Une architecte d’intérieur, un artiste peintre, une architecte du patrimoine, un designer photographe, un designer engagé dans un projet de bateau aussi sérieux qu’enthousiasmant, et un designer entrepreneur à la tête d’une marque de luminaire made in France. Trois invités identifiés par Xavier, trois venus de notre côté, et nous deux derrière les fourneaux puis au service. Le casting tient en une phrase : que des gens qui produisent, fabriquent, creusent, dessinent. Le genre de tablée où la conversation ne s’épuise pas au dessert et se prolonge très tard dans la nuit…
La règle du jeu était simple : chacun arrivait avec une bouteille et une chute issue de sa pratique. Un fragment, un résidu, une esquisse, ce qui reste sur l’établi quand l’objet est parti chez le client. Cette matière brute, ce hors champ que les créatifs montrent rarement, c’est précisément ce qui fait battre le cœur du BED depuis sa création. On a déjà parlé ici du potentiel des chutes de matière avec le projet étudiant Zero Per Stool, ou plus récemment du travail textile de Gaspard Fleury-Dugy qui pousse la logique zéro déchet jusqu’au tricot 3D. Voir des architectes et des designers poser leurs propres restes sur la table, c’était une autre forme de générosité.
Le bois, la lumière et l’atelier comme matières premières
Parlons matière, justement. Le décor, c’est l’atelier de Xavier, un lieu qui sent la sciure et les projets en cours. Le bois, le textile, le cuir y sont partout, brut, travaillé, en attente d’usage. La table, longue, généreuse car c’est avant tout un établi qui devient pour la soirée un support à la fois fonctionnel et fort, ne laissant personne, en bout de table.
Une table acteur de l’évènement, au coeur du partage.
Côté lumière, c’est la maison Jurie et Jarre qui a accompagné la soirée. Vous connaissez peut-être déjà notre reportage dans leur atelier dédié au luminaire made in France. Leurs pièces ont posé sur les visages une lumière chaude, basse, presque cinématographique. La table en sortait comme un petit théâtre de gestes et de mots. Les photos, elles, sont signées Matthieu Coin, qui sait depuis longtemps capter l’intime des lieux de fabrication.


Une mécanique simple, un effet immédiat
Sans enjeu commercial, sans pitch déguisé, sans attente. C’est peut-être pour cela que la mayonnaise a pris aussi vite, on avait des doutes, peu de temps pour caler la logistique, un menu à composer entre deux rendez-vous. Et puis, l’émulsion, l’émotion, une énergie de partage qui a porté la soirée jusque tard dans la nuit, signe le plus sûr que chacun y était bien. À un moment, on aurait pu installer une seconde table, on ne l’aurait pas regretté.
Faire ce projet à deux, dans l’atelier d’un ami, avec des gens qui créent, c’est une émotion que l’on garde précieusement. La suite reste à inventer. Peut-être ailleurs, peut-être en vadrouille, peut-être dans une autre ville, peut-être avec une table qui change de dimensions. Les idées fusent déjà, et l’envie de transformer l’expérience en club informel commence à germer. Banquet Club, le nom est sur la table, bientôt les goodies ?
Merci aux six premiers convives Jeanne, Frédéric, Paul, Claire-Sophie et Baptiste, à Xavier pour l’atelier et l’amitié, à Jurie et Jarre pour la lumière, à Matthieu pour les images.
Et à très vite pour le prochain opus, ici ou ailleurs allez savoir.
En savoir plus : Edition Forêt
Découvrir l’article original sur le site de Blog Esprit Design
