Source Journal du Design :

Le studio Cyro Arquitetura, basé à São Paulo, a conçu un studio temporaire pour l’exposition Casacor 2026 de la ville, un espace pensé pour éliminer les distractions et favoriser la concentration.

Aménagée au sein d’un bâtiment existant dans le parc historique Parque da Água Branca de la ville, cette installation de 50 mètres carrés repose sur le concept de ‘Ruído Branco’ (bruit blanc), utilisé comme métaphore pour neutraliser les distractions extérieures et favoriser la concentration.

Dans un monde régi par des stimuli constants, le projet propose un changement, non pas physique, mais intérieur. Une parenthèse. Un lieu où le superflu est filtré et où l’essentiel devient lisible.

L’espace naît de la relation intrinsèque entre l’esprit et le cœur, soulignant la manière dont ces systèmes fonctionnent de concert et influencent directement nos états émotionnels et cognitifs. À l’image du bruit blanc. Les éléments structurels existants du bâtiment ont dicté l’organisation du studio, qui s’articule selon un agencement axial entre les colonnes, sous un plafond à double hauteur.

Une poutre basse sépare l’espace de vie (salon, cuisine et salle à manger) de la zone de nuit, tandis que des rangements intégrés en noyer forment un passage entre les deux espaces.




Le parquet d’origine en bois de peroba reliant ces espaces a été restauré, tandis que les murs et le plafond ont été peints en blanc, agissant comme un procédé d’épuration visuelle qui maximise la luminosité et apaise l’ambiance sonore.

Un coin salon est aménagé autour d’un canapé et d’un fauteuil Fita signés Guilherme Wentz, accompagnés d’une rare chaise Poltroninha du moderniste brésilien Lucio Costa.

Pour les repas, une table Encaixe, également de Wentz, est entourée de chaises Veadeiros de Mobília Puro ; l’ensemble fait face à une cuisine en acier inoxydable offrant une vue sur la forêt environnante.

Dans l’espace nuit, le lit repose sur une estrade basse revêtue de moquette couleur caramel, intégrant une niche pour le rangement de livres ainsi qu’une lampe de chevet. Une fresque murale en céramique, réalisée sur mesure par l’artiste Rômulo Lass, orne une cloison disposée en biais par rapport au plan orthogonal de l’appartement.

Cette intervention constitue un hommage délibéré à la tradition de la fresque murale qui a façonné l’identité des bâtiments brésiliens, notamment entre les années 1950 et 1960. Le projet ré-interprète cet héritage en l’adaptant à l’échelle domestique. Par ailleurs, les éléments de rangement en noyer intègrent un garde-manger, une penderie, des étagères ouvertes ainsi qu’une platine vinyle surmontant une enceinte encastrée.

Tous ces éléments ont été conçus pour être subtils, discrets et minimalistes, afin d’éviter toute surcharge visuelle. Sans rupture, l’architecture crée une gradation d’expériences qui réorganise le rythme du corps et de l’esprit.

La logique moderne consiste à éliminer le superflu pour mettre en valeur l’essentiel, permettant ainsi au corps de ralentir progressivement au fil de la déambulation dans l’espace.






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