010 — lounge chair, fauteuil en aluminium
À Athènes, le studio ofaa façonne une feuille d’aluminium de 5 mm pour créer le fauteuil 010, une assise dont la structure et la surface ne forment qu’un seul plan continu, soutenu par la géométrie plutôt que par des assemblages mécaniques.
Depuis Athènes, Christos Kalientzidis dirige ofaa en s’appuyant sur un principe simple : la curiosité et le savoir-faire artisanal appliqués à un mobilier qui interroge l’interaction entre structure, matériau et espace.
Le fauteuil 010 met ce principe à l’épreuve. Un seul matériau est utilisé. Tout ce que l’objet offre à son occupant doit découler de cette décision unique.
Il est réalisé en aluminium de 5 mm d’épaisseur : assez fin pour être perçu comme un simple plan vu de l’autre bout de la pièce, mais assez épais pour qu’un bord plié puisse supporter une charge sans renfort arrière. Ici, le pliage constitue à lui seul toute la logique structurelle. Une tôle plane n’offre pratiquement aucune résistance à la flexion ; pliez-la à quatre-vingt-dix degrés et elle se dote d’une colonne vertébrale. Répétez l’opération, et la tôle cesse d’être une simple surface en attente d’une armature pour devenir l’armature elle-même.
L’assise, l’accoudoir et le panneau latéral forment une pièce de métal continue ; la stabilité du fauteuil provient des points de changement de direction du métal, et non de l’assemblage par boulonnage d’éléments distincts.
Le studio décrit 010 comme le fruit d’une exploration de la forme, de la stabilité et de l’efficacité matière, une pièce composée de feuilles d’aluminium pliées qui font simultanément office de structure et de surface.
L’enjeu est de savoir comment un matériau unique peut conférer solidité, confort et présence spatiale avec une intervention minimale. C’est cette notion qui représente le défi majeur. Une telle approche par soustraction ne laisse aucune place au camouflage : chaque pli est visible, chaque arête est une finition en soi, et la moindre hésitation dans le travail du métal se verrait immédiatement.
Avec ses dimensions de 800 x 500 x 600 millimètres, ce siège est bas et large ; il s’apparente davantage à un banc doté d’une personnalité affirmée qu’à un fauteuil de salon rembourré. L’ouverture circulaire pratiquée dans chaque panneau latéral remplit une double fonction : elle allège la partie la plus massive de l’objet tout en laissant passer la lumière à travers ce qui, autrement, constituerait une paroi métallique pleine. La tôle pliée occupe une place de longue date dans l’histoire du mobilier, un domaine marqué par une logique essentiellement industrielle visant la production de masse à moindre coût.
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