Résidence Electric Jungle au Costa Rica
Au Costa Rica, cette résidence pensée pour une jeune famille transforme l’intérieur domestique en un paysage immersif. Entre mobilier sculptural, œuvres d’art, artisanat local et couleurs inspirées de la nature tropicale, Electric Jungle préfère l’expérience à la démonstration.
Conçue pour une famille partageant une affinité profonde avec l’art et les univers créatifs immersifs, la résidence imagine l’espace domestique comme un territoire en mouvement. Ici, les pièces ne se contentent pas de remplir une fonction : elles composent un environnement sensoriel, fluide et vivant, où l’architecture intérieure, le mobilier, l’art et la lumière dialoguent en permanence.
Le point de départ est une nature fantasmée. Celle du Costa Rica, ses jungles luxuriantes, ses océans, ses ciels traversés de couleurs incandescentes. Mais plutôt que de reproduire littéralement ce paysage, le projet en retient les sensations. Les teintes se répondent par nuances, les papiers peints ont été dessinés sur mesure, les textiles jouent avec les reflets et les textures tandis que la lumière vient constamment modifier la perception des volumes.
À l’extérieur, il y a un véritable dialogue entre architecture, mobilier et paysage. Sur la terrasse, une table sinueuse dessinant un S dialogue avec des suspensions organiques réalisées sur mesure. L’ensemble se déploie face à la piscine dans une composition volontairement fluide.
De grandes jardinières, une végétation luxuriante, des éléments en pierre et différents niveaux viennent adoucir les contours de l’eau. La piscine cesse alors d’apparaître comme un simple élément architectural : elle devient le centre d’un paysage domestique dans lequel on semble pouvoir s’immerger.
Au cœur de la maison, le salon à double hauteur donne immédiatement le ton. Loin du traditionnel espace de réception organisé autour d’un canapé et d’une table basse, il se présente comme une véritable topographie sociale.
Un paysage sculptural de sièges disposés sur plusieurs niveaux permet à chacun de trouver sa place. On peut s’y réunir, converser, lire, travailler, jouer ou simplement se retirer. Adultes et enfants partagent ainsi le même espace sans nécessairement l’habiter de la même manière.
Cette liberté d’usage est au cœur du projet. Le salon devient une architecture à part entière : une scène familiale capable d’accueillir aussi bien les moments du quotidien que les réceptions, les études ou les jeux.
Le mobilier ne vient jamais simplement compléter l’architecture. Il la prolonge. Entièrement dessiné sur mesure pour la résidence, il multiplie les gestes géométriques discrets et les formes sculpturales. Les éléments fonctionnels acquièrent ainsi une présence presque architecturale.
Un détail résume à lui seul cette approche : la découpe inclinée qui vient interrompre l’angle de l’un des canapés. Un geste inattendu, presque ludique, qui transforme une forme familière en objet de découverte.
Ici, la lumière n’est jamais secondaire. Pensé comme une composante à part entière de l’expérience, l’éclairage accompagne les transformations de la maison au fil de la journée. Les couleurs, les matières et les volumes ne sont jamais tout à fait les mêmes selon l’heure.
Lorsque le soleil décline, l’atmosphère se transforme. Ce qui semblait vibrant, lumineux et tropical sous la lumière naturelle devient plus intime, plus feutré, parfois même inattendu. La maison possède ainsi plusieurs visages. Elle évolue avec la lumière comme un paysage évolue avec le temps.
Electric Jungle possède une histoire singulière qui mérite d’être racontée. Près d’une décennie auparavant, Design Lab avait déjà imaginé les intérieurs de cette résidence pour son précédent propriétaire. Lorsque les nouveaux occupants l’ont contacté pour rénover la maison, ils ignoraient que le studio avait participé à sa conception initiale.
Une coïncidence rare qui a placé les concepteurs dans une position particulière : revenir dans un espace familier, mais pour une famille différente, avec de nouveaux usages, une nouvelle personnalité et un langage créatif radicalement transformé.
Plutôt que de conserver leur intervention passée, ils ont choisi de repartir autrement. De transformer sans effacer.
Cette seconde vie de la maison devient alors une métaphore du projet lui-même : un intérieur n’est jamais définitivement achevé. Il évolue avec ceux qui l’habitent, absorbe leurs histoires et se réinvente avec eux.
Electric Jungle ne cherche donc pas à figer une image idéale de la maison contemporaine. Elle propose au contraire un habitat ouvert, curieux et évolutif, où l’art côtoie le quotidien, où le mobilier devient architecture et où la nature se traduit moins par des motifs que par des sensations.
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