Source Blog Esprit Design :

Peut on s’asseoir sur une lampe ? Une chaise peut elle devenir une lampe ? Et vice et versa…

Le studio project oforme répond à cette interrogation par un système, baptisé SVET³. En russe, svet veut dire lumière, pour le cube en exposant, forcément on comprend le projet.

Project oforme est un studio de design produit fondé en 2018 à Saint Pétersbourg par deux architectes, Alexandra Batyreva et Nikolay Batyrev. Le studio est né du travail de la céramique et des techniques artisanales, avant d’évoluer vers le luminaire et les pièces d’intérieur. Son intention, selon ses propres mots : s’éloigner des gabarits et de la lecture classique de la forme et de la fonction, sans perdre l’usage. Après plusieurs années de commandes privées, le duo dit aujourd’hui ouvrir son travail aux expositions et aux galeries. SVET³, édition limitée datée de 2026, ressemble à une bonne carte de visite pour ce passage.

Une chaise qui respire quand vous approchez ? Le Tetris lumineux de project oforme

Chaise, lampadaire ou table : que devient SVET³ entre vos mains ?

Le système repose sur un module unique, quatre modules empilés donnent un lampadaire. Assemblés en gradins, ils forment une assise, entre chaise et fauteuil. Défaits puis recomposés, ils deviennent table basse ou banquette plus large, selon la place et l’humeur. Le jeu de construction, les déclinaisons ne se limitent plus..

On pense au Tetris, avec une différence : ici, une ligne complète ne disparaît pas, elle s’allume. On pense aussi aux Componibili d’Anna Castelli Ferrieri pour Kartell, en 1967, qui s’empilaient déjà sans vis ni colle. Soixante ans plus tard, le module garde le même principe et ajoute la lumière dans le volume. Sur BED, la catégorie module en garde quelques cousins.

Pourquoi imprimer une chaise en TPU ?

Les blocs sont imprimés en 3D en TPU translucide, un polyuréthane thermoplastique. Au toucher, il est souple comme un caoutchouc et cède sous la pression. Selon le studio, il reste pourtant résistant et supporte des charges lourdes. Vu de loin, on le prend souvent pour du verre. Vu de près, on a plutôt envie d’appuyer dessus pour vérifier.

Pendant des siècles, on a aimé le veinage du bois et le grain de la pierre. project oforme propose de regarder les strates de l’impression 3D de la même manière : rien n’est poncé ni masqué. La LED placée à l’intérieur de chaque bloc révèle chaque ligne et chaque couche. Sur les faces supérieures, on devine aussi des motifs en diagonale, sortes de pointes de diamant laissées par la structure interne. La trace de fabrication devient le décor.

Sur le blog, on a déjà croisé le PLA de la table Pyramid de Lorenz Noelle, les lampes Vohmo imprimées dans la Drôme ou le lattice imprimé et cousu de AERIS par Mahdi Naïm Studio. Le TPU semble plus rare dans le mobilier. Peut être parce qu’un siège qui plie un peu sous le poids inquiète au premier abord.

Comment les modules tiennent ils sans vis ?

Grâce à des aimants cachés dans l’épaisseur, chaque face porte quatre aimants, annoncés pour une force de maintien allant jusqu’à 40 kg. Leur nombre total varie selon la position du bloc : bord, centre ou angle. Il faut respecter la polarité. Un module mal orienté repousse son voisin, et le courant ne passe pas. Les amateurs de Lego connaissent cette frustration de la brique posée à l’envers.

Chaque bloc contient une bande LED. L’énergie et la lumière passent d’un module à l’autre par un contact magnétique, monté sur un support mobile de 3 à 5 mm indépendant du corps du bloc. Ce jeu absorbe la déformation du TPU quand quelqu’un s’assoit. Le tout forme un seul circuit, sans câble apparent entre les blocs. Pour l’instant, le système se branche sur une prise murale. Le studio annonce deux pistes : un bloc universel compatible avec tous les autres, et un fonctionnement autonome, sans prise.

Une lampe qui respire, gadget ou présence ?

C’est la partie installation du projet, pensée avec un programmeur. Un capteur de mouvement placé à la base mesure la distance. Quand une personne approche à 1 ou 1,5 mètre, la lumière monte doucement jusqu’à 100 %. Quand la pièce est vide, elle redescend à 10 % et passe en mode respiration : une pulsation lente, dont le rythme est généré au hasard par l’algorithme. Elle n’est donc jamais tout à fait la même.

Le studio la compare à une flamme, on peut aussi y voir une veilleuse pour adultes, ou un objet qui vous salue sans vous demander le code wifi. Les images du studio montrent des blocs posés en sous bois, au pied d’un tronc ou suspendus aux branches.

Et l’interrupteur dans tout ça ?

Le boîtier d’alimentation fait un quart du volume d’un module. Il est lui aussi imprimé en TPU, en deux coques assemblées par rainure et languette, sans fixation. Le bouton est en PLA fluorescent : rose à la lumière du jour, vert dans le noir, avec une LED intégrée. Comme le TPU est souple, le boîtier fléchit légèrement sous le doigt. Même la multiprise a eu son designer.

Pour prolonger, on vous conseille le siège Origin_01 de Michelangelo, la suspension Filæ d’Index Office et novinov et notre reportage sur Local Tools à Saint Étienne. Toute la rubrique est par ici : impression 3D.

En bref Projet : SVET³, chaise et lampadaire modulaires, installation lumineuse Studio : project oforme (Alexandra Batyreva et Nikolay Batyrev), Saint Pétersbourg, Russie Année : 2026, édition limitée Matériaux : TPU translucide imprimé en 3D, aimants, LED, bouton en PLA fluorescent Dimensions : module 300 × 300 × 197 mm ; chaise 900 × 900 × 585 mm ; lampadaire 300 × 300 × 780 mm

Plus d’informations : oforme.space et @project.oforme

By Blog Esprit Design

SVET³ by project oforme: a modular light chair and floor lamp 3D printed in TPU

SVET³ is a modular lighting and seating system designed in 2026 by project oforme, a product design studio founded in 2018 in Saint Petersburg by architects Alexandra Batyreva and Nikolay Batyrev. Svet means light in Russian. The system uses one universal module, 300 × 300 × 197 mm, 3D printed in translucent thermoplastic polyurethane (TPU), a soft, rubber like material that still carries heavy loads according to the studio. Modules combine into a lounge chair (900 × 900 × 585 mm), a floor lamp (300 × 300 × 780 mm) or a low table. Hidden 20 × 20 mm magnets, four per side, hold the blocks together without tools, while magnetic contacts on a floating mount pass power from block to block, forming one LED circuit with no visible cables. The studio leaves the printed layers visible, treating them like wood grain. A motion sensor raises the light to full brightness when someone comes within about 1.5 metres, and a randomly generated breathing mode runs at 10 % when the space is empty. Even the power unit is designed, with a fluorescent PLA button. SVET³ is a limited edition and the studio is opening its work to galleries.



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