Kodamari Design : Mary Tsai fait entrer le vitrail dans le tabouret en bois
On garde le focus vitrail cette semaine, avec une nouvelle interprétation, une nouvelle intégration dans une pièce moderne.
La designer américaine Mary Tsai, qui signe ses meubles sous le nom Kodamari, propose une réponse avec une série de petits tabourets. Chaque pièce associe un bâti en noyer, en merisier ou en érable, un panneau de vitrail incrusté et une assise tapissée. Trois métiers, un seul objet.

Qui est Mary Tsai, la designer derrière Kodamari ?
Née en 1991 dans le Connecticut, Mary Tsai a étudié l’architecture à l’Université de Pennsylvanie. Elle a ensuite travaillé comme dessinatrice sur le site antique d’Aphrodisias, en Turquie, puis comme architecte sur des espaces de zoo. Un master en design d’interaction à Carnegie Mellon l’a menée chez LinkedIn, puis chez Adobe, où elle conçoit des expériences liées à l’intelligence artificielle.
En parallèle, elle dessine et fabrique des meubles. Son catalogue compte des tables, une bibliothèque, un banc à lattes, ou encore le tabouret et la chaise Arachne. Le jour, des interfaces pour l’IA. Le reste du temps, du bois, de la colle et du verre. On a connu des passions plus calmes.

Le vitrail, une vieille histoire chez Kodamari ?
En 2021, sa table Tree of Life en merisier reprenait déjà le dessin d’une fenêtre vitrail de Frank Lloyd Wright. Le motif passait alors dans le bois. Avec ces tabourets, c’est le verre lui aussi qui entre dans le meuble.
Dans un épisode du podcast Shop Sounds diffusé fin mai 2026, il est question de cette série qui mêle travail du bois, vitrail et tapisserie, et de sa recherche d’une signature personnelle. Elle tient sans doute là quelque chose.
Comment le bois, le verre et le tissu se répondent ?
« Je souhaitais faire sortir le vitrail de son cadre décoratif traditionnel et l’intégrer directement à un mobilier fonctionnel »
Le panneau de verre coloré est incrusté dans la structure en bois. Le tissu d’ameublement de l’assise est choisi pour chaque tabouret : sa couleur et son motif prolongent ceux du vitrail. Rigidité du bois, luminosité du verre, douceur du textile. Mary Tsai parle d’un dialogue entre ces trois qualités. On y voit aussi une façon simple de faire travailler ensemble des métiers qui se croisent rarement dans un même atelier.

Petit avantage pratique : c’est sans doute le seul vitrail sur lequel on peut s’asseoir sans se faire rappeler à l’ordre par le sacristain.
Pourquoi du noyer, du merisier ou de l’érable ?
Trois essences, trois teintes. Le noyer est brun, souvent veiné. Le merisier part d’un ton rosé et a la réputation de foncer avec le temps et la lumière. L’érable reste clair, avec un grain fin. Chaque bois modifie la lecture du verre : un bleu ne raconte pas la même chose encadré de noyer ou d’érable.
Le merisier partage d’ailleurs un point commun avec le vitrail. Tous deux réagissent à la lumière, l’un en vieillissant, l’autre en s’allumant. Côté forme, le format du petit tabouret reste compact, en forme de champignon. Il laisse au panneau de verre la place principale, comme une fenêtre posée au sol.
Un vitrail dans un meuble, ça tient ?
Le verre coloré n’a pas la réputation d’aimer les chocs, ni les coups de pied distraits. Les éléments publiés ne précisent pas la technique de montage, au plomb ou au ruban de cuivre façon Tiffany, ni la façon dont le panneau est protégé.

Le vitrail dans le mobilier, une piste déjà explorée ?
Oui, et le blog en garde quelques traces. Jean Couvreur avait plié les plaques de la vitrailliste Marilia Schetrite pour sa suspension Photochrome. Avec la lampe Horizon, Atelier DAMA s’inspirait des lignes de plomb de la Cité du Vitrail de Troyes. Le verre coloré a aussi trouvé sa place dans les tables en verre de Murano fusionné de Mademoiselle Jo ou les tables en verre soufflé de SkLO.
Côté tabouret, le bois aime les mariages : avec le cordage pour le tabouret Timber de Greg Howe, avec le métal pour IZLOM du Studio Svoya, ou en version cubique avec Kubb de Studio Reko. Kodamari ajoute un chapitre : le vitrail à hauteur d’assise. D’autres idées dans notre rubrique tabouret.

Où découvrir le travail de Kodamari ?
Le catalogue de Mary Tsai est visible sur kodamaridesign.com. La série de tabourets en vitrail est présentée sur son compte Instagram @kodamari.design, notamment dans cette publication. Elle partage aussi ses fabrications en vidéo sur YouTube.
American designer Mary Tsai, who works under the name Kodamari Design, has created a series of small stools that combine woodworking, stained glass and upholstery. Each stool is built in walnut, cherry or maple and features an inlaid stained glass panel. The upholstery fabric is selected for each piece so that its colour and pattern extend the composition of the glass. The aim, in her words, is to take stained glass out of its traditional decorative frame and place it inside functional furniture, creating a dialogue between the rigidity of wood, the luminosity of glass and the softness of textile.
Découvrir l’article original sur le site de Blog Esprit Design
