SOFT’UP PRO : Freejump et Fritsch-Durisotti réinventent l’étrier de sécurité
L’étrier d’équitation existe depuis des siècles, on pourrait croire qu’il n’y a plus grand-chose à en dire. Le studio français Fritsch-Durisotti et la marque Freejump tentent de revoir le concept avec SOFT’UP PRO, nouvelle génération de la gamme SOFT’UP. Le projet réunit ingénierie, usage, innovation autour d’une même question : comment rendre un étrier de sécurité plus confortable, plus fiable et plus durable, sans retirer au cavalier le plaisir de monter ?

Pourquoi repartir de l’usage plutôt que de la forme ?
Freejump travaille les étriers de sécurité depuis 2005, pour cette refonte, le studio est parti du geste du cavalier, pas du dessin. Chaque choix répond à un besoin concret : garder le pied en place, le libérer vite en cas de chute, soulager les articulations, orienter ou solliciter le cheval… La branche externe ouverte est en Elastollan®, un polyuréthane thermoplastique (TPU) choisi pour sa capacité à se déformer sous contrainte. Elle s’ouvre quand il faut, pour faciliter la sortie du pied, alors que la branche principale accompagne ce mouvement, et sa partie basse renforcée encaisse les chocs d’un virage serré. L’œil orienté à 45° équilibre l’ensemble et cale la position.

Ceux qui suivent le studio reconnaîtront cette manière de faire. On la retrouvait déjà dans Spoon & Room, sa collection modulable présentée à Maison&Objet, ou dans le système de clippage FIL’X. Même logique : partir de l’usage réel avant de penser à l’effet.
Comment un étrier amortit-il vraiment les chocs ?
C’est la partie la plus technique, et sans doute la plus intéressante du projet. Le SOFT’UP PRO repose sur une monobranche en acier à ressort, associée à un insert en élastomère. Ce couple forme un système d’absorption capable d’atténuer jusqu’à 30 % des contraintes transmises. Résultat : moins d’impact sur les genoux et les hanches du cavalier, et moins de sollicitation sur le dos du cheval. Le centre de gravité a été volontairement décalé pour favoriser une posture talons baissés, celle que tout moniteur répète depuis le premier cours. (me faisant particulièrement écho au jeune cavalier que j’étais.)

Cette attention portée au TPU et à l’amortissement rappelle un autre objet croisé récemment sur BED, la sneaker Closed Loop Footwear, dont la semelle imprimée en TPU joue exactement sur la résistance à l’abrasion et l’absorption des chocs. Un même matériau relie ainsi des univers qu’on n’imaginait pas voisins.
Un étrier peut-il durer et se recycler ?
Le SOFT’UP PRO est pensé pour le long terme. Robustesse, réparabilité et recyclabilité. Les crampons métalliques sont interchangeables : on renouvelle l’adhérence sans jeter l’étrier entier. Les composants se démontent, ce qui facilite l’entretien et la valorisation en fin de vie. Le produit est entièrement recyclable et fabriqué en France.
Cette approche fait écho à ce que défendent des ateliers comme Gimmic Design, où la durabilité n’est pas un argument collé sur l’objet mais une logique de fabrication. Concevoir pour réparer plutôt que pour remplacer, l’idée gagne du terrain, y compris là où on ne l’attendait pas forcément, comme au pied d’une selle.
Et le style dans tout ça ?
Freejump propose plusieurs finitions et associations de couleurs, du Black/Black sobre au Black/Hot Pepper Red. La conception modulaire permet au cavalier de composer son étrier sans rien lâcher sur la sécurité. L’objet devient un support d’expression, un peu comme une paire de baskets ou un skate que l’on personnalise.
Le SOFT’UP PRO ne réinvente pas l’équitation, il montre plutôt qu’un objet technique, même très ancien, garde de la marge dès que le design, la matière et l’usage avancent dans la même direction. Plus d’informations sur le studio Fritsch-Durisotti et sur la fiche produit Freejump.
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