Vohmo : trois lampes à poser imprimées en 3D et fabriquées dans la Drôme
Une jeune maison installée dans la Drôme peut elle proposer un luminaire minimaliste sans tomber dans le déjà vu ?

Qui se cache derrière Vohmo ?
Vohmo naît de la rencontre de deux amis. D’un côté Gauthier Chovin, designer d’objet et photographe, fondateur du Studio Odette, passionné par la lumière et ses nuances. De l’autre Moustapha Gaillard, expert du digital et amateur d’art moderne.
Le nom vient des syllabes de leurs prénoms, avec une consonance scandinave qui dit assez bien leur amour du design nordique, rationnel et discret. Leur credo tient en trois mots : ne garder que le nécessaire. Chaque lampe est dessinée, testée et montée à la main dans leur atelier drômois. On aime cette idée du geste, déjà croisée chez d’autres créateurs français comme Benjamin Decle avec sa lampe BULB imprimée en 3D.

Trois lampes, quelles formes ?
La collection joue la carte des archétypes plutôt que celle de la surenchère. Trois pièces, trois silhouettes claires.
La C-01, dite Le monolithe, est un cylindre de 226 mm de haut pour 90 mm de diamètre. Sa texture en spirales évolue le long de l’objet, un clin d’œil aux flammes d’un feu de bois. Cette surface n’est pas un ornement rajouté : elle vient directement de la méthode de fabrication.
La G-01, L’archétype, mesure 269 mm et repose sur un pied tronconique. C’est la lampe posée dans l’imaginaire collectif, avec un grand diffuseur qui distribue une belle quantité de lumière et une vraie présence dans la pièce.
La F-01, Le faisceau modulable, est la plus maligne. Son chapeau s’incline pour bloquer ou libérer le faisceau, selon l’ambiance recherchée. Le principe rappelle les lampes qui se manipulent d’un geste simple, sans mode d’emploi.
Pourquoi le PETG change la façon de produire ?
Les trois lampes sont imprimées en 3D à partir de PETG, un plastique recyclable dérivé du PET des bouteilles. Le matériau se prête bien aux petites séries et garde une qualité artisanale. Autre choix intéressant : les pièces s’assemblent sans vis ni colle. Elles se démontent, se trient et se recyclent en fin de vie, la matière pouvant renaître en nouveaux objets. Ce parti pris du plastique recyclé pensé pour durer fait écho à des démarches françaises repérées sur le blog, comme Les Irréplicables et leur chaise en plastique recyclé, ou encore la boîte Room Box de Benjamin Decle en PETG recyclé. Produire à la demande évite aussi la surproduction et le gaspillage, un point que beaucoup de studios explorent aujourd’hui.
Une texture qui vient de la machine, vraiment ?
Les stries en spirale ne sont pas gommées mais assumées comme signature visuelle, la lumière glisse dessus et révèle les reliefs, un effet que le photographe Gauthier Chovin met en valeur par un éclairage rasant. Cette lecture de l’impression 3D comme langage à part entière n’est pas isolée. On la retrouve dans la Dancer lamp d’Emil Robbrecht, où le procédé sculpte le mouvement, ou dès 2018 avec la lampe minimaliste Dulce de Filippo Mambretti. Vohmo ajoute sa pierre à cette famille, avec une ligne sobre et une fabrication maison.
Une première collection à suivre
La maison propose plutôt une lecture calme et cohérente : des formes simples, un matériau recyclable, un circuit court, et un soin visible du détail. Pour une première collection née de la complicité de deux amis, le pari a de quoi retenir l’attention des designers, des architectes et des étudiants attentifs aux objets bien pensés.
La collection est disponible sur vohmo.com, et le travail photographique se découvre chez studioodette.fr
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