Coppery® : la matière antimicrobienne biosourcée qui élimine les bactéries en moins de 3 minutes
Une matière qui supprime les bactéries en moins de trois minutes, conçue à La Rochelle, fabriquée en France, et destinée d’abord aux objets que nous manipulons des centaines de fois par jour. Voilà la proposition de Coppery®, projet né en mai 2020 au cœur de la pandémie de Covid 19, et qui a depuis décroché un brevet, une normalisation en laboratoire (norme NF ISO 7581) et la reconnaissance du prix Pépite 2023, complétée par le label Deeptech et un soutien dans le cadre de France 2030.
Nous avons peut-être l’impression que ces enjeux, sont derrières nous, mais cette période doit nous faire avancer et nous devons en tirer les enseignements pour innover encore et encore !

Une histoire de garage devenue laboratoire
L’origine du projet ressemble à un récit de cinéma indépendant, quelques esprits curieux constatent que les téléphones portables servent de vecteurs à toutes sortes de bactéries (oui, même celles dont on préfère ignorer l’existence) un peu comme nos claviers mais de manière exponentielle.
De ce constat naît Cleaque, prototype amateur de coque antimicrobienne, mis au point dans ce que les fondateurs eux mêmes décrivent comme un garage déguisé en laboratoire. Quatre années plus tard, Cleaque est devenu Coppery®, une matière brevetée et produite à La Rochelle. La marque travaille avec la maison partenaire Clinn, et son écosystème local s’élargit, jusqu’à inspirer des cabinets RSE comme Rupture Engagée qui l’intègrent dans leurs stratégies QVCT.
Une matière biosourcée, recyclée et un peu vivante
Coppery® repose sur des matières premières biosourcées et recyclées. La couleur tire vers le cuivré, signature qui renvoie aux vertus antimicrobiennes connues du cuivre depuis l’Antiquité (les Romains buvaient déjà dans des gobelets en cuivre, ils n’avaient pas tout faux).

Comme toute matière naturelle, la teinte évolue avec le temps, un léger patinage apparaît au fil des mois, sans altérer l’efficacité active. Cette patine assumée fait écho aux discussions qui traversent depuis longtemps notre rédaction sur la place du cuivre et des matières vivantes dans le design, du banc Ligomancer de CTRLZAK aux explorations de Thibault Philip sur les matériaux biologiques, en passant par les expérimentations d’habitats imprimés en 3D à partir de fibres biosourcées.
Une efficacité mesurée et certifiée
Trois minutes, c’est le temps annoncé par Coppery® pour neutraliser les bactéries présentes sur la surface traitée, soit à peine plus qu’un brossage de dents. Le laboratoire a validé l’éradication selon la norme française NF ISO 7581, qui sert de référence en milieu hospitalier.
Les chiffres avancés par le duo de fondateurs, Théo et Nathan parlent au quotidien : un smartphone abrite dix fois plus de bactéries qu’une cuvette de toilettes, une bactérie peut survivre quinze jours sur une surface non traitée, et 5 % seulement des personnes se lavent correctement les mains. De quoi reconsidérer le rituel du selfie de groupe ou la passation du téléphone à la table d’un dîner.
Forme, objet, applications
Coppery® n’est pas un objet en soi, c’est une matière à intégrer. La première application grand public concerne la coque de téléphone, pensée avec la marque Clinn. La forme reste sobre, sans surépaisseur ostentatoire, pour respecter la silhouette du smartphone et son ergonomie. La gamme se déploie ensuite vers les poignées de porte, les barres de maintien, les poussoirs, et les dispositifs médicaux.
Chaque objet partage une logique commune : surface de contact à fort passage, géométrie simple, fini mat ou satiné qui valorise la teinte cuivrée sans verser dans l’effet bling. Pour les designers et architectes, la matière ouvre un terrain d’expérimentation : mobilier de collectivité, accessoires de salle de bain partagée, équipements de bureau partagés ou de coworking. Une démarche qui rejoint les projets primés au France Design Impact Award, où matière, usage et engagement dialoguent.

Une lecture industrielle et de design
Conserver une production française, des circuits courts, une certification documentée, voilà un trio qui résonne avec les choix défendus par d’autres acteurs présentés dans nos colonnes, comme la chaise SR10 entièrement fabriquée en France par Adrian Blanc et La Chaise Française. Le terrain de la santé reste par ailleurs particulièrement fertile pour le design d’innovation, comme le rappelle notre récente rencontre avec Vincent Gravière, designer fondateur de DA, qui défend l’idée que l’objet médical mérite autant d’attention dessinée qu’une chaise de salon.
Ce que Coppery® apporte au regard du design
Pour les passionnés, étudiants et professionnels du design, l’intérêt dépasse la prouesse technique. Coppery® illustre une tendance que la rédaction observe depuis plusieurs saisons : la matière redevient un sujet de projet à part entière, à hauteur du dessin de la pièce. Le cas n’est pas isolé, il prolonge les démarches valorisées par la dernière édition de la France Design Week, consacrée au design utile. Reste une question, presque philosophique : si la matière protège l’objet, qui protège l’utilisateur de ses propres habitudes ? Avec 5 % de mains correctement lavées, il y a peut être encore un beau chantier de design comportemental à ouvrir.
En savoir plus sur la société : Coppery®
Découvrir l’article original sur le site de Blog Esprit Design
